En Afrique, beaucoup de foyers ont maintenant un ordinateur à la maison. Grâce notamment à l’Europe qui se débarrasse régulièrement des vieux ordinateurs qui finissent dans les pays en développement.
Ces ordinateurs sont récupérés en Europe par des individus pour les revendre ou par des associations à but non lucratifs pour promouvoir l’essor du numérique dans ces pays. Lorsqu’ils sont vendus, ils le sont généralement entre 150 et 300 dollars américains. Il arrive qu’on retrouve encore des vieux ordinateurs de la générations des Pentium I et II qui ne peuvent plus servir. Mais la plupart ont actuellement des processeurs entre 866 – 1600 mhz et font le bonheur des foyers sans grands moyens financiers.
Si ce phénomène a pu être bénéfique pour les familles, il a aussi favorisé des petits investissements comme des cybercafés que l’on retrouve maintenant un peu partout dans des capitales africaines. A Kinshasa par exemple, ces cybercafés ont entre 5 et 10 ordinateurs. Cela a permis à beaucoup de citadins de découvrir Internet et l’ordinateur et à les relier à leur parents de la diaspora.
Seulement, ce petit bonheur commence peu à peu à souffrir de la croissance on ne peut plus rapide des performances des logiciels. Performances ou contre-performances ? Je ne saurais dire, mais est-il que les logiciels indispensables pour une utilisation minimale de l’ordinateur consomment de plus en plus de mémoire et supportent de moins en moins les vitesses des microprocesseurs dont sont pourvus ces ordinateurs. Je vais citer le cas de trois catégories de logiciels que sont les systèmes d’exploitations, les suites bureautiques et les navigateurs Internet.
Jusqu’à présent, sur la plupart de ces ordinateurs j’ai pu tester deux systèmes d’exploitations que sont Debian et Ubuntu.
Debian tourne bien à partir des 500mhz et 256 mio de ram. Pendant qu’Ubuntu c’est dans les 1000mhz et 512 mio de ram. Quant à l’espace disque, un disque dur de 10gio est déjà bon pour les deux, s’il ne recevra pas de la musique et de la vidéo.
OpenOffice est la suite bureautique libre la plus complète actuellement. Mais son seul péché reste sa lourdeur et sa consommation de la mémoire. Lui aussi, c’est à partir des 1000mhz et 512mio de ram qu’il tourne assez bien. Il existe évidemment d’autres alternatives mais pour la plupart, ils sont soit moins performants soit moins ergonomiques.
Quant au navigateurs, pas besoin d’indiquer que Firefox est le plus utilisé et le plus aboutit des navigateurs libres disponibles pour GNU/Linux. Seulement, son talon d’Achille reste la consommation de la mémoire, surmontée de la gestion des onglets qui tournent tous dans un même thread. Un seul qui plante ou qui fait une surconsommation de la mémoire bloque tous le reste. Ils se fait actuellement en dessous de qu’512 mio de ram, il devient très difficile d’utiliser Firefox avec plusieurs onglets ouverts.
A l’allure où vont les choses, les pays en développement risquent finalement de rester toujours en arrière malgré le très grand nombre d’ordinateurs qui débarquent chez eux à moindre frais. Le problème de Firefox reste le plus important, parce que les cybercafés étant les points de contact entre les populations locales et l’ordinateur, il est pour ceux qui utilisent GNU/Linux le passage obligé vers Internet. J’en suis arrivé à me poser la question de savoir si la consommation de Firefox n’était pas liée à Gecko, parce qu’Epiphany n’a pas pu faire mieux. Il a lui aussi sombré dans la surconsommation de la mémoire jusqu’au plantage totale de l’ordinateur. Lui aussi utilise Gecko.
Je sais qu’il y en a qui râleront encore comme chaque fois qu’on parle de l’Afrique avec ses vieux ordinateurs, mais tant que les nouveaux logiciels ne sauront pas tourner sur des anciens ordinateurs (parfois pas si ancien que ça), l’Afrique sera condamné à utiliser des vieux logiciels, pas mis à jours et devenir une véritable forterresse des virus, des spams et toutes sortes des maux devant passer par des vieux logiciels. Ce qui doit interpéller tout le monde. Mais par dessus tout, tenir compte d’eux contribuera aussi à à planir “l’inégalité numérique” qu’il y a entre les pays développés et les pays en développement.


C’est une question que je me pose de temps en temps, ayant actuellement un portable qui a de plus en plus de mal : il se comportait remarquablement il y a 5 ans. 5 ans plus tard, mêmes logiciels, avec un upgrade de version, il est désormais à la limite de l’utilisable.
On voit parfois surgir de nouveaux logiciels qui justement essayent de redevenir minimalistes en consommation, du coup j’en profite parfois pour rebondir sur eux…
Il faut parfois se reposer la question du choix du soft : OpenOffice.org est devenu lourd pour les anciennes machines. Pourquoi ne pas envisager abiword (par exemple) ?
D’autres choix de ce type peuvent être faits d’ailleurs, dans plusieurs domaines.
Publié par kim | 20 août 2009, 4:00C’est certain qu’il y a un problème de consommation de ressources aujourd’hui dans beaucoup de logiciels. Ceux que tu cites (Firefox, OpenOffice) en sont l’exemple parfait : forte consommation de ressources non justifiée par des fonctionnalités qui les rendraient nécessaires. C’est un problème qu’ont beaucoup d’applications aujourd’hui, cependant il existe des alternatives. Midori par exemple est bien plus léger que Firefox et constitue pourtant un navigateur tout à fait décent et moderne. AbiWord et Gnumeric, bien que moins complets, peuvent remplacer pour la plupart des usages te tableur et le traitement de texte d’OpenOffice. Et XFCE ou même LXDE en environnement de bureau à la place de Gnome (qui aurait besoin d’un bon régime aussi). Ce n’est pas parce que certains logiciels parmis les plus connus sont “bloated” qu’il faut oublier leurs alternatives. Dans le pire des cas, un OS plus léger (NetBSD par exemple) peut redonner un second souffle à une vieille bécane.
D’ailleurs à mon avis, même les pentium II peuvent encore servir avec des logiciels récents si les bons choix sont faits, du moins pour surfer tranquillement sur internet et lire ses mails (pour la vidéo HD et les jeux récents c’est sûr faut laisser tomber, mais il n’ya pas de raison que l’on ne puisse pas faire faire à une machine au moins ce qu’elle pouvait faire quand elle est sortie).
Publié par Zanko | 20 août 2009, 4:09Epiphany utilise désormais Webkit.
Il n’est pas très difficile d’utiliser des alternatives légères: Xfce ou openbox au lieu de Gnome/KDE, midori au lieu de firefox, Abiword (configuré pour enregistrer en doc ou odt par défaut), gnumeric…
Les installations par défaut des distribs actuelles utilisent beaucoup de modules & daemons inutiles, des optimisations sont possibles !
Publié par Poussah | 20 août 2009, 5:03Yo,
il existe aussi des distribs légères avec des logiciels récents comme http://slitaz.org qui permettent de faire vivre tout à fait honorablement des ordinosaures.
Publié par taziden | 20 août 2009, 5:33Salut, en effet, ce que tu dis peux être ennuyant, cependant, le libre comme son nom l’indique c’est avoir le choix, la liberté d’utiliser tel ou tel logiciel !
C’est d’ailleurs là que réside tout la force de l’open source !
Et je pense que c’est aussi pour ça, que les distributions GNU/Linux sont assez appréciés dans les pays dits “en developpement”.
Pour les navigateurs, Midori est à essayer !
En ce qui concerne la bureautique, abiword et gnumeric peuvent faire l’affaire, et pourquoi pas http://www.google.com/google-d-s/intl/fr/tour1.html ???
Sinon en effet, plutôt que d’utiliser une ubuntu quie st surement un peu lourde par défaut, pourquoi ne pas utiliser frugalware, toutoulinux et surement plein d’autre ! (Moblin ? basée sur Fedora (à voir si compatible avec pentium I et II)
Je pense qu’en peu de temps, pour ces activités là , vos pentium retrouveront leur fougue des jeunes années !!
Publié par slobberbone | 20 août 2009, 7:07Je me suis amusé il y a peu a configurer un “vieux” pentium 3 à 700 mhz avec 128 Mo de ram pour essayer d’en tirer la plus grande puissance possible.
Au final, openbox, abiword, midori ou kazehakase, et plein de logiciels légers:
http://wiki.archlinux.org/index.php/Lightweight_Software
installés sur une debian de base, m’ont permis de faire réellement revivre cet ordinosaure.
Par contre, à par toutoulinux, dawnsmalllinux et quelques autres, il manque, je trouve des distributions légéres dédiées à ces ordinateurs anciens. Des distributions qui permettrait de tirer parti de ces vieux ordinateurs sans perde de confort d’utilisation ou de possibilités de personnalisation.
Publié par dnartreb89 | 20 août 2009, 11:45Merci beaucoup pour cet article qui donne un peu la “température” de ce qu’il se passe en Afrique, c’est toujours intéressant d’avoir une petit piqûre de rappel !
Il y a quelques années, je suis parti à l’étranger et pour rester en contact avec ma famille, j’ai acheté juste avant de partir de France un vieil ordinateur portable. J’ai eu beaucoup de mal à l’utiliser pour les raisons que tu cites : les logiciels par défaut (Ubuntu avec Gnome, Firefox, OpenOffice) étaient beaucoup trop lourds.
Moi aussi j’ai essayé Epiphany, mais à l’époque il utilisait lui aussi Gecko, et c’est clair que c’est ce moteur qui ralentit son utilisation… j’ai essayé Opera qui fonctionnait beaucoup mieux !
Heureusement, avec le libre, on a toujours le choix. Il faut donc se renseigner un peu et adopter les solutions alternatives : Abiword pour le texte, XFCE pour l’environnement graphique, etc.
Bon courage pour la suite et tiens-nous au courant grâce à Planet-Libre !
P.S. : je crois qu’on dit “un talon d’Achille”, pas “un tendon d’Achille” quand on parle d’une faibless
Publié par Pierre | 21 août 2009, 2:51C’est tellement vrai.
J’ai réinstallé dernièrement une machine sous Windows (j’aurais préféré du Linux mais il y a une raison que je ne développerai pas ici). Pour l’OS, j’ai choisi un XP LSD (une version allégée à mort de Windows XP).
Impossible de lui redonner le moindre souffle de jeunesse: naviguer sur le net avec 2 onglets est un calvaire alors qu’il y a “a peine” 3 ans, je faisais du webdesign avec 2 logiciels Adobe ouverts en même temps (voyez la légèreté…), Firefox et une dizaine d’onglets et MSN.
Je n’y comprends vraiment rien.
Idem pour ma machine sous Ubuntu. Avant avec un Athlon XP à 800mhz et 512mo de RAM, ça tournait pas mal, au fil des mises à jour c’est devenu plus lent, je suis passé à un Core 2 Duo et 1go de ram, ça m’a donné un véritable coup de boost mais au fil des mises à jour, je commence à retrouver la lourdeur d’antan. C’est à n’y rien comprendre: comment les éléments de base qui faisaient déjà très bien leur travail ont ils pu autant grossir? Qu’un logiciel sofistiqué ou un jeu vidéo réclame beaucoup de ressources je le coçois mais qu’est-ce qui a fondamentalement changé par exemple dans Gecko pour le rendre inutilisable à ce point? Idem pour OpenOffice etc…
Publié par Jérémy | 24 août 2009, 10:10Ce ne sont pas forcément les navigateurs qui sont lourds mais plutôt les sites web. Je fait tourner Iceweasel 3 ou Opera sans problèmes sur un XO Laptop l’OLPC a 433Mhz mais j’évite d’aller sur Netvibes par exemple qui fait une utilisation intensive des libraire Ajax.
Publié par Mathieu Comandon | 30 novembre 2009, 9:21